VISES - Valorisation de l’Impact Social de l’Entrepreneuriat Social

Retour sur nos 2èmes Rencontres de l’Impact Social

L’évaluation de l’impact social : « quand la recherche devient action »

Le jeudi 23 novembre dernier, vous étiez près de 150 venus de France et de Belgique et d’horizons divers (chercheurs, acteurs de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS), entreprises testeuses ou encore financeurs) à participer à nos 2èmes Rencontres de l’Impact Social organisé à l’Espace Jacqmotte - Bruxelles.

Merci à vous !

Merci d’avoir écouté avec attention les présentations de nos différents intervenants, qui étaient très complémentaires les unes aux autres.

Pour rappel, la question de la « recherche-action » était au centre de cette journée.

Nous souhaitions à travers cette journée :

- Décrypter la notion de « recherche-action » et mettre en perspective les apports d’une telle dynamique pour le projet VISES ;

- Pointer les apports (positifs et négatifs) d’une telle démarche aussi bien pour les chercheurs que pour les entreprises ;

- Evoquer la question du temps : un projet de « recherche-action » qui nécessite de nombreux échanges et implique des temps réflexifs prend forcément plus de temps qu’un autre et c’est normal ;

- Prendre de la hauteur pour se questionner et appréhender les choses autrement.

Cette journée fut riche d’enseignements de par la diversité et la complémentarité des présentations, la pertinence de vos questionnements et la qualité des échanges.

Nous les avons répartis en 3 catégories, sur la même base que les thématiques des ateliers. Bien entendu, ces 3 thématiques (co-construction ; recherche-action et parties prenantes) sont intimement liés et les conclusions qui ressortent pour l’une peuvent être valables pour une autre.

 

Enseignements au niveau de la notion de « co-construction »

- Réaliser un projet européen en co-construction est souligné comme un élément extrêmement positif.

- Co-construire se fait à plusieurs niveaux. Dans le projet VISES la co-construction est menée :

o Au niveau transfrontalier : cela nous oblige à simplifier, aller à l’essentiel en gardant les éléments transversaux dans les différentes régions et pays ;

o Au niveau du choix de la question évaluative ;

o Au niveau des outputs / résultats : aussi bien pour la recherche que pour l’évolution du dispositif VISES et de ses étapes ;

o Au niveau de la confiance mutuelle entre acteurs, chercheurs, accompagnateurs du projet VISES. Le réseautage, « bridging networks » entre différents niveaux est un élément clef. Dépasser des désaccords, inévitables dans un partenariat comme VISES, permet de créer une communauté qui peut porter collectivement des messages forts et importants qui vont au-delà du projet.

 

>> Au-delà du dispositif, le projet VISES conduit l’ESS de part et d’autre de la frontière à parler d’une même voix autour des enjeux de l’évaluation de l’impact social et de consolider une parole politique.

 

- Les éléments ci-dessous et - discutés dans l’atelier B - peuvent servir de recommandations pour réussir un processus de co-construction :

o Bien préparer le processus ;

o Se baser sur une méthodologie (même si elle évolue) ;

o Définir un cadre (même s’il évolue) ;

o Se faire aider par un animateur tiers et neutre ;

o Avoir un animateur qui peut recadrer / interpeler le groupe ;

o Travailler à partir d’un constat et établir un objectif (tout en le revoyant régulièrement pour s’assurer qu’il colle toujours aux attentes des participants) ;

o Être transparent sur le processus et les résultats ;

o Prendre le temps qu’il faut ;

o Disposer d’un local suffisamment grand ;

o Ne pas dépasser, idéalement, une taille de groupe de 12 personnes.

 

Enseignements au niveau de la notion de « recherche-action »

- Réaliser un projet européen sous forme de « recherche-action » permet un « win-win » et donc de concilier :

o Des résultats adaptés aux besoins des acteurs de terrain. Dans le cadre de Vises, l’entreprise est au centre des réflexions ;

o Des recherches dont la résonnance est décuplée. Le résultat de Vises sera plus que la somme de chaque processus d’évaluation, de chaque démarche en entreprise. Ce qui ressortira, c’est :

- Des tendances, éléments communs, des comparaisons ;

- Des entreprises testeuses investies dans un combat collectif dépassant leurs propres enjeux. C’est ce qui distingue cette recherche d’autres recherches-actions ;

- Une appropriation commune et partagée de l’impact social pour faciliter le dialogue des acteurs de l’ESS avec les financeurs, dans un contexte en pleine évolution.

 

- La recherche-action transforme aussi bien l’entreprise que la recherche :

o L’entreprise :

§ La recherche-action questionne des éléments structurels de la structure avant même de commencer. Cette réflexion sur son l’impact social permet de revenir au cœur du métier de l’organisation. Le processus de réflexion est d’ailleurs souvent plus important que le résultat obtenu ;

§ La recherche-action pose des questions sur la manière dont les valeurs sont traduites en pratique ;

§ La recherche-action peut être vue comme un challenge : cela permet de se remettre en question et de prendre de la hauteur ;

§ La recherche-action amène une montée en compétences des entreprises.

 

o La recherche :

§ Être en entreprise permet de tester ses théories, ses idées dans la réalité quotidienne des entreprises ;

§ Un chercheur a une posture à priori plus objective qu’un consultant et cela lui donne la possibilité de poser des questions parfois « dangereuses » au sein de l’entreprise ;

§ Ce qui est vécu sur le terrain fait évoluer la recherche.

 

- Un certain nombre de conditions - discutés dans l’atelier A - favorisent une bonne recherche-action :

o Impliquer un maximum de parties prenantes (PP) et leur donner une place à part entière (toutes les personnes autour de la table sont au même niveau ; le niveau hiérarchique ne doit pas entrer en jeu) ;

o Informer correctement les participants sur la démarche dans laquelle ils entrent ;

o S’assurer que tout le monde ait une compréhension commune du projet et du vocabulaire utilisé (même si les concepts évoluent) ;

o Créer un sentiment d’adhésion ;

o Evoluer ensemble ;

o Accepter de jouer le jeu et de se remettre en question ;

o Admettre que c’est un processus où il y aura des échecs, et pas de résultats tout de suite ;

o Utiliser des méthodes d’intelligence collective pour récolter de l’information ;

o S’accorder du temps.

 

 

Enseignements au niveau des parties prenantes

- Intégrer les parties prenantes à un projet de recherche-action est enrichissant pour tous. En réalisant ce travail avec les parties prenantes, cela permet de mettre des mots sur ce qu’on fait, sur ce qu’est la structure et sa mission principale. Ce travail permet notamment la transmission des valeurs de l’organisation entre les anciens et nouveaux travailleurs.

 

- Si on veut intégrer toutes les parties prenantes de l’organisation, les résultats seront toujours incomplets car il ne sera jamais possible de mettre en lumière l’ensemble des impacts. Et donc, les attentes en terme de « communication des résultats » seront totalement différentes si on se tourne vers l’interne et/ou vers l’externe.

 

- Lors d’une analyse d’impact social, il y aura toujours des divergences d’intérêt en fonction de qui se trouve autour de la table. Mais cette réflexion permet de co-construire ensemble et de faire émerger des éléments communs.

Afin d’arriver à un résultat, il est très important de savoir :

o Qui est autour de la table ;

o A quel moment de la réflexion cette partie prenante est-elle associée et pourquoi ?

o Quelle partie prenante cette personne représente (bénéficiaire, financeur, client, etc.) ;

o Pourquoi s’inscrit-elle dans cette démarche ? Quelles attentes poursuit-elle ?

o Prendre du recul et se poser des questions par rapport à soi et par rapport au travail qui est en train d’être réalisé. En prenant ce recul, on peut plus facilement prendre conscience - sans jugement de valeur - des attentes des autres parties prenantes. Cela permet également de se sécuriser dans la démarche, de dépasser ses a priori et de participer pleinement au processus ;

o Se faire accompagner par un tiers dans cette démarche d’évaluation d’impact social.

 

Ø Il semble donc que pour que la démarche soit fructueuse, il convient de veiller à la mise en place d’un cadre propice à la réflexion, où chaque participant a pu expliquer ses motivations et attentes.

 

Pour ceux qui le souhaitent, vous pouvez vous replonger dans les présentations des différents intervenants  :

- Topo sur l’impact Social(Sybille Mertens)

- Update du projet VISES (Laurence Duflou et Salomé Lenglet)

- Expérience de l’entreprise Andage (Thomas Breyer)

Présentation sur la notion de « recherche-action » (Tom Dedeurwaerdere)

- Expérience de la Boutique des Sciences (Bertrand Bocquet)

 

Voici quelques photos de notre évènement

 

 

Au plaisir de se recroiser prochainement.

Visement vôtre,

 

L’équipe du projet VISES

Nos principes clés

  1. S’adapter au monde de l’entreprise
  2. S’appuyer sur les forces existantes
  3. Prendre en compte la diversité des entreprises et des territoires
  4. Ecouter les attentes des partenaires

Valoriser l’impact social ...

c’est susciter l’engouement pour agir et entreprendre différemment et :

  • favoriser l’adhésion et l’implication de tous
  • inspirer la création d’activités
  • renforcer le soutien de partenaires publics et privés
  • inviter à revisiter l’existant pour optimiser l’utilité sociale
 
ConcertES

ConcertES est la concertation des organisations représentatives de l’économie sociale. ConcertES rassemble ainsi 17 fédérations d’économie sociale actives en Wallonie et à Bruxelles.

www.concertes.be

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